Charlélie BISIAUX, électricien et médaillé d’or au concours du Meilleur Apprenti de France

Charlélie BISIAUX, électricien et médaillé d’or au concours du Meilleur Apprenti de France

À seulement 20 ans, Charlélie BISIAUX conjugue déjà études, alternance et entrepreneuriat dans l’électricité. Après s’être réorienté vers un bac professionnel, il s’est lancé le défi de participer au concours du Meilleur Apprenti de France. Une expérience exigeante qui l’a conduit jusqu’à la médaille d’or. Entre préparation, rigueur, pression et accompagnement de son CFA, il revient sur cette aventure et partage ses conseils aux jeunes.

Peux-tu nous présenter ton parcours et nous expliquer pourquoi tu as choisi l’électricité ?

À la base, je voulais vraiment m’orienter vers un métier où il y a de la demande, avec des débouchés, mais surtout un métier qui va continuer à être recherché dans le temps. Je me suis donc tourné vers le bâtiment, puis vers l’électricité, alors que je n’avais aucune expérience dans ce domaine.

J’avais un ami électricien, dont le père exerçait également ce métier. Je me suis rendu compte qu’au-delà du chantier, l’électricité était assez complexe et intéressante. Tout le monde ne peut pas s’improviser électricien, et c’est aussi ce qui m’a plu.

Après mon bac, je suis donc parti en bac professionnel dans les métiers de l’électricité. J’ai eu la possibilité de suivre une formation accélérée et de passer mon CAP au bout d’un an, dans le cadre de mon bac professionnel en deux ans.

Aujourd’hui, j’ai terminé mon bac et je poursuis mes études avec un BTS FED, davantage orienté vers les fluides, la domotique ou encore la climatisation. Je continue en alternance et je vais intégrer une nouvelle entreprise. En parallèle, j’ai aussi créé ma propre entreprise d’électricité. Je réalise quelques chantiers à Paris, notamment des dépannages, des interventions et un peu de sous-traitance.

En quoi consiste concrètement le métier d’électricien ?

C’est un métier très varié. Il existe plusieurs secteurs : le bâtiment avec notamment les maisons et les particuliers, le tertiaire qui concerne davantage les bureaux, et l’industrie avec les usines et les systèmes d’automatisation.

Dans ma branche, je réalise surtout des installations de A à Z dans des bâtiments tertiaires, notamment des locaux professionnels à Paris. On tire les câbles, on les raccorde aux différents appareillages et on travaille également sur les tableaux électriques avec les disjoncteurs, qui représentent une partie plus technique.

Ce que j’aime, c’est justement qu’on ne fait pas toujours la même chose. Ce n’est vraiment pas un métier répétitif. On ne s’ennuie pas.

Pourquoi as-tu décidé de participer au concours du Meilleur Apprenti de France ?

J’avais quelques facilités pendant mon bac et j’aime bien la compétition, le fait de me tester et de me mesurer aux autres. Je pouvais être bon dans mon bac sans savoir réellement quel était mon niveau par rapport à d’autres apprentis. Je me suis aussi dit que cette aventure me permettrait forcément d’apprendre beaucoup de choses.

J’avais découvert le concours du Meilleur Apprenti de France en regardant ce qui existait dans l’hôtellerie, où il est assez connu. Ensuite, j’ai cherché s’il existait également dans le bâtiment et j’ai vu qu’il concernait beaucoup de corps de métier, dont l’électricité. Je me suis dit : « Allez, il faut que je le fasse ! »

Comment se déroule le concours en électricité ?

J’ai participé dans la catégorie électricité bâtiment. On prépare d’abord une platine en entreprise ou au CFA. Elle simule en quelque sorte l’intérieur et l’extérieur d’une maison. Il y a une partie avec des câbles et des prises encastrés, une partie extérieure où les câbles passent dans des tubes, un tableau électrique au milieu, un interphone…

Le jour du concours, on arrive avec cette platine préparée, mais les installations restent à réaliser. Il y a également une épreuve écrite, puis l’épreuve pratique devant le jury.

On est évalué sur énormément de détails entre la façon de travailler, la propreté du poste, l’organisation des outils, mais évidemment aussi le résultat. Les appareillages doivent être correctement installés, les cotes respectées, les éléments droits et l’ensemble doit être fonctionnel. Chaque détail compte.

Comment t’es-tu préparé à cette épreuve ?

J’ai beaucoup travaillé en amont. J’avais préparé et décoré ma platine, mais surtout, je me suis entraîné. J’ai réalisé deux platines, dont une spécifiquement pour l’entraînement. Ça m’a permis de répéter les gestes, de travailler le perçage et de trouver les manières les plus efficaces de passer les câbles.

Je m’étais même créé une checklist avec toutes les étapes à réaliser dans l’ordre pour gagner un maximum de temps. C’était important parce que l’épreuve dure sept heures. Dit comme ça, ça peut sembler long, mais quand on cherche à réaliser quelque chose de vraiment propre et précis, ça passe extrêmement vite.

Quel a été ton plus grand défi pendant le concours ?

Clairement, le temps. J’ai terminé ma platine à une minute de la fin ! Sept heures peuvent sembler largement suffisantes, mais il y a énormément d’appareillages à poser et tout doit être minutieux. Il faut vraiment essayer de viser la perfection.

Dans la dernière heure, il me restait encore pas mal de choses à faire. Jusque-là, j’avais travaillé très proprement, mais à ce moment-là, j’ai dû accélérer pour réussir à terminer. En sortant de l’épreuve, j’étais donc assez déçu. Je pensais avoir gâché mes chances de décrocher l’or.

Qu’as-tu ressenti lorsque tu as appris que tu avais remporté la médaille d’or ?

Je n’y croyais pas ! Comme je pensais avoir raté la fin de mon épreuve, ça a vraiment été l’ascenseur émotionnel. Et quand ils ont annoncé mon nom, j’ai crié sur scène tellement j’étais content !

C’est génial d’être valorisé comme ça pour son travail. Tu obtiens une médaille d’or et le titre de Meilleur Apprenti de France parce que ton travail a été reconnu. Les juges ont examiné les platines pendant plusieurs heures avant les résultats. Pendant ce temps, mon professeur m’avait conseillé de ne pas rester autour de ma réalisation pour éviter de me stresser davantage. Je suis donc allé voir les réalisations des fleuristes et discuter avec les personnes présentes.

Quelles qualités t’ont permis, selon toi, de décrocher cette médaille ?

Je dirais d’abord la rigueur, mais surtout la propreté et l’organisation de mon travail. Je faisais attention à ne pas laisser mes outils traîner, je donnais régulièrement un petit coup de balai et je gardais mon espace de travail organisé.

Ça peut sembler secondaire, mais quand ton environnement est propre, tu es aussi plus organisé dans ta tête. Tu évites davantage de te mélanger. Et c’est quelque chose qui me sert encore aujourd’hui chez les clients. L’image est très importante car lorsqu’un électricien travaille proprement, le client le remarque, qu’il ait des connaissances en électricité ou non. 

Quel rôle ton CFA et tes enseignants ont-ils joué dans ta réussite ?

Ils m’ont accompagné de A à Z. Je pense sincèrement que sans eux, je n’aurais même pas obtenu le bronze. Mes enseignants sont d’anciens professionnels, donc ils ont énormément d’expérience à transmettre.

Ils m’ont notamment poussé à aller beaucoup plus loin dans la propreté de mon travail. Ils m’ont appris à choisir les bons outils pour chaque tâche et, plus globalement, ils ont approfondi tout ce que j’avais déjà appris pendant ma formation.

Il y avait aussi un véritable accompagnement humain. Je pouvais appeler mes professeurs même en dehors des cours lorsque j’avais besoin d’aide. Je travaillais beaucoup et il m’arrivait de rester au CFA jusqu’à 18 heures pour avancer. Le CFA m’a également fourni le matériel nécessaire au concours, ce qui représente un vrai investissement.

Est-ce que cette médaille a eu un impact sur ton parcours ?

Oui, mais il faut aussi savoir la mettre en avant. Sur mon site Internet, par exemple, j’indique que je suis Meilleur Apprenti de France. Je l’ai également mentionné sur mon CV lorsque j’ai recherché une entreprise pour poursuivre mes études.

Les écoles ont été très ouvertes et je pense que le titre m’a aussi aidé dans ma recherche d’entreprise. Cela apporte également quelque chose auprès des clients. Lorsqu’ils voient cette distinction, ils ont tout de suite davantage confiance.

Au-delà de la médaille, l’expérience m’a surtout appris à pousser encore plus loin ma façon de travailler.

Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui hésite à participer au concours ?

Il ne faut vraiment pas hésiter. Le concours du Meilleur Apprenti de France, c’est presque une formation supplémentaire. On retrouve ce qu’on apprend pendant son diplôme, mais en beaucoup plus poussé.

Même si tu termines sans médaille, ou sans obtenir l’or, l’argent ou le bronze, tu vas apprendre énormément. Donc, si ton entreprise et ton CFA peuvent t’accompagner, il faut saisir cette opportunité. En revanche, si tu te lances, il faut le prendre au sérieux et vraiment t’investir.

Je trouve qu’il faudrait davantage démocratiser ce concours et le faire connaître aux jeunes. Dans le bâtiment, et plus généralement dans tous les métiers où le concours existe, il faut essayer. Ça ne peut être que bénéfique.

Plus largement, quel conseil donnerais-tu aux étudiants pour réussir leurs études ?

Je dirais surtout de ne pas trop se prendre la tête et de chercher quelque chose qui leur plaît vraiment. Personnellement, je n’étais pas forcément très scolaire. Je n’avais pas spécialement de difficultés, mais je m’ennuyais en cours et j’avais du mal à rester concentré.

Quand j’ai découvert l’électricité, ça a complètement changé. Tout est devenu beaucoup plus naturel et je suis devenu très studieux, au point de ne plus vraiment me reconnaître !

Il faut donc prendre le temps de trouver ce qui nous plaît. Peut-être que certains auront un parcours atypique ou trouveront leur voie plus tard, mais ce n’est pas grave. L’important, c’est de faire quelque chose qu’on aime, de profiter et de continuer à se former.

Une anecdote du concours t’a-t-elle particulièrement marqué ?

Oui ! Je n’avais pas compris qu’il existait normalement plusieurs niveaux dans le concours (départemental, régional puis national) et qu’à chaque étape, des éléments pouvaient être ajoutés à la platine.

À deux heures de la fin, j’ai appris qu’il fallait ajouter une prise supplémentaire… sauf que je ne l’avais pas ! Là, ça a été la panique. Je pensais vraiment que c’était terminé pour moi. Mon professeur et une personne du CFA ont immédiatement réagi. Ils ont pris la camionnette et sont partis chercher la prise chez un fournisseur. Ils sont revenus, j’ai pu l’installer et poursuivre l’épreuve.

Cette anecdote montre aussi à quel point l’accompagnement du CFA a compté dans mon parcours. J’étais studieux, je me débrouillais bien et j’avais surtout montré que j’étais déterminé à participer au concours. Mais derrière, il y avait aussi des personnes prêtes à m’accompagner et à me donner les moyens d’aller au bout.

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